26/09/2013

DANSES NOCTURNES PAR BASTIEN

Lorsque la lumière s’allume, on découvre le décor qui nous accompagnera tout au long de la représentation. Deux sièges, deux femmes, une voix et un violoncelle, c’est tout ce qu’il faut. Je mentirais en disant que je n’ai pas été  surpris par la sobriété de cette mise en scène. Et pourtant elle convient extraordinairement bien à l’œuvre : elle crée une atmosphère. C’est réellement cela qui est le plus touchant, le plus mémorable dans ces Danses Nocturnes.

Le propos de l’œuvre de Sylvia Plath est bien évidemment le point de départ de cette atmosphère sombre, parfois même malsaine. Il est réellement impressionnant de pouvoir préserver et même magnifier le ressenti de la vie torturée de l’auteure dans une pièce avec si peu d’artifices. Entre la voix de Charlotte Rampling, qui vit superbement les textes, et le violoncelle de Sonia Wieder-Atherton qui interprète à merveille Benjamin Britten, accentuant le rythme du texte avec des staccatos ou faisant ressortir une tristesse et une mélancolie grâce à de longues notes tenues, on ne peut que sortir troublé de cette véritable leçon d’interprétation.
Le seul inconvénient de cette proposition est, selon moi, sa présentation devant un public francophone. Cela m’enchante à la fois, car il nous a été permis de la voir, et surtout d’entendre le texte en langue originale, mais me déçoit profondément à cause des sous-titres qui se succédaient derrière les artistes. La traduction française fait perdre, comme beaucoup d’autres traductions, de la splendeur au texte, et l’éclairage blanc, presque aveuglant, des sous-titres m’a parfois empêché d’apprécier le texte lui-même. En effet, devant détourner les yeux par souci de confort, je manquais le propos en français.

Et pourtant, si l’on se concentre sur les deux femmes présentes, en se focalisant non pas sur nos yeux mais sur notre ouïe, l’œuvre nous apparaît dans toute sa splendeur et dans toute sa terreur et nous laisse un souvenir impérissable.

Bastien Lance

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