25/09/2013

DANSES NOCTURNES PAR PEDRO

Lorsque l’on m’a demandé si je conseillais Danses Nocturnes, tout ce que j’ai pu répondre a été « Oui, mais… », et cela résume, à mon sens, assez bien mon ressenti. En effet, Charlotte Rampling, que l’on ne présente plus, livre ici une présentation magistrale des poèmes de Sylvia Plath. Sa présence seule emplit la scène et son charisme emporte le spectateur, le happe dans les méandres sombres de la poésie de Plath sans que celui-ci ait à faire le moindre effort d’immersion. Oui mais… S’il est indéniable que la prestation de Sonia Wieder-Atherton est au-delà de tout reproche et que le choix des morceaux de Benjamin Britten est pertinent, la construction du spectacle, dialogue entre la voix de Rampling et le violoncelle de Wieder-Antherton, est discutable. Il suffit en effet de ne pas être sensible à l’œuvre de Britten pour, à chaque fois que les mots laissent place à la musique, se retrouver éjecté de l’univers de Plath, de retour dans la salle, attendant impatiemment que Rampling reprenne la parole tout en redoutant le moment ou ce sera à nouveau le tour du violoncelle. Il aurait, à mon sens, peut-être mieux valu un accompagnement prenant quelque fois les devants.
Le tout forme néanmoins un ensemble parfaitement cohérent ainsi qu’une expérience réellement unique, ne serait-ce que pour Charlotte Rampling. Un très bon moment que ces Danses Nocturnes, donc. Oui, mais…
Pedro Xisto

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