14/10/2013

SIEGFRIED, NOCTURNE PAR STEPHANIE

Le voyageur au-dessus de la mer de nuages se retourne et le spectateur découvre un être déchiré, chantant sa perte sur une scène chaotique à l’image de son monde. Le décor ainsi que les jeux d’éclairage illustrent la fragmentation du sujet: deux miroirs surplombent le corps de Siegfried et renvoient une image tantôt écrasée tantôt grandissante ; un cadre désaxé immense, côté cour, enclot un contenu vide et, côté jardin, une toile gigantesque représente un paysage romantique artificiel, devant lequel un faux lopin de terre recouvrant des ordures et des bouteilles en plastique colorées devient le socle de ce héros déchu. Le décor offre maints symboles que le spectateur pourra déchiffrer, dans cette atmosphère nocturne. 

© Marc Vannapelghem








Cette pièce est avant tout musicale, s’inscrivant dans le cadre du festival célébrant la naissance de Wagner. L’ensemble instrumental ainsi que les voix murmurées des choristes féminines accompagnent la quête de Siegfried d’une manière harmonieuse, entre une tension vive et un désespoir latent. L’inconvénient, c’est que parfois la musique prend le pas sur les paroles du comédien et les rend moins audibles. Le spectateur non-germanophone pourra se rapporter aux surtitres, mots flottants qui ondulent sur le rideau au début de la pièce.  

A l’image de Danses Nocturnes, Siegfried, nocturne propose un aparté poétique dans un monde désaffecté, en voie de désaffection. J’encourage les hésitants à venir voir ce spectacle dont la fin est pour le moins spectaculaire. La scène et le hors-scène y sont exploités, pour le plaisir des yeux et des oreilles.

                                                          
Stéphanie Barbetta

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