19/11/2013

ARTAUD-BARRAULT PAR STEPHANIE

    « Une performance », « de l’art», « un hommage au théâtre», tels furent les propos qui envahirent le studio André Steiger de la Comédie dimanche 10 novembre, à l’issue de la pièce Artaud-Barrault. Je m’associai à cet engouement, sans en avoir véritablement déterminé l’exacte cause.
 
    Je ne savais pas à quoi m’attendre en pénétrant dans cette petite salle. J’imaginais une lecture de correspondances sur deux bureaux séparés, désignant chacun d’eux l’univers propre à chaque homme. Mais, il n’en fut rien. J’ai assisté à la composition d’un personnage. Je ne saurais nommer ce qui se passa exactement, mais ce phénomène n’était nullement prévisible dans les premiers moments du comédien sur scène, une fois le documentaire sur Jean-Louis Barrault visionné.
 
    « Si le théâtre double la vie, la vie double le vrai théâtre », affirmait Antonin Artaud dans une lettre à Jean Paulhan. C’est peut-être ce qui trouble au sortir de l’affrontement avec Stanislas Roquette : le théâtre de la cruauté. L’acteur anime le personnage et montre l’atrocité de la dévastation humaine. Le spectateur ressent le rejet causé par la claustration d’Artaud et il souffre avec lui.
    La pièce aurait pu s’intituler Artaud. Car ce dernier, par le poids de sa présence, efface presque la valeur de l’adresse. Barrault semble davantage être un point de fuite qui relie Artaud à la réalité du dehors.
Stéphanie Barbetta

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