01/11/2013

SOPHONISBE PAR BASTIEN





© Cosimo Mirco Magliocca 

Seconde partie d’un diptyque mis en scène par Brigitte Jaques-Wajeman, avec La mort de Pompée, Sophonisbe est une tragédie de Corneille. On ne présente plus ce dernier, connu par tous les élèves ayant eu affaire à au moins une de ses œuvres. L’histoire de Sophonisbe tourne autour de cette reine éponyme qui se dresse face aux Romains, et qui, une fois Carthage perdue, tente de leur échapper.
L’un des plus grands défis pour un comédien, selon moi, est de réussir à dire des alexandrins tout en gardant une voix et une expression naturelle. Ici, le défi est plus ou moins réussi. Il m’a semblé, à certains moments, que les voix s’emportent sans raison, que l’intonation se fait moins naturelle ou encore que le texte se prononce de façon monotone, comme un exercice de diction sans vie. Pourtant, quelques comédiens s’approprient les vers avec une telle aisance qu’il en deviendrait presque courant de parler en alexandrins. C’est cela qui m’a tout de suite frappé.

Ayant vu Pompée avant Sophonisbe, je savais déjà que ces comédiens, très jeunes par rapport à ce que je m’attendais pour une œuvre de Corneille, savaient jouer avec justesse la tragédie. Cela étant dit, lorsqu’un comédien accentue la colère, la tristesse ou la haine à un point que le texte lui-même ne demande pas, l’effet nous revient presque ridicule. Je pense que c’est cela qui m’a fait un peu moins aimé la pièce.

Cependant, l’adaptation est, selon moi, très réussie, et les comédiens, pour la plupart, très convaincants. Le décor est composé d’une grande table, changeant de nappe et d’ornements selon les scènes, et de chaises réparties sur les planches. Le jeu de lumière pour suggérer l’extérieur est très bien mis en place et la courte musique durant chaque noir nous plonge dans une ambiance correspondant parfaitement à la pièce.

Si j’ai préféré Pompée, je ne sais pas encore si c’est grâce au texte de Corneille, qui manie l’alexandrin avec génie, ou grâce aux comédiens, mais cela ne veut sûrement pas dire que Sophonisbe est une mauvaise pièce. Au contraire, j’ai passé deux heures excellentes à découvrir cette tragédie qui n’a fait que renforcer mon respect et mon admiration pour Corneille, et pour les comédiens qui le jouent.
Bastien Lance

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