26/01/2014

OEDIPE ROI PAR BASTIEN

L'histoire d'Œdipe est entrée dans la connaissance générale depuis longtemps. C'est l'histoire de cet enfant abandonné victime d'une prophétie lui annonçant qu'il tuera son père et épousera sa mère. C'est une histoire de fuite vaine du destin et de révélation.

Wajdi Mouawad, dans son diptyque Des Héros, met cette tragédie de Sophocle en scène. Avec une histoire aussi célèbre, l'important n'est pas l'histoire elle-même, mais bien la manière de la présenter. Avec une mise en scène sobre et sombre, Mouawad montre bien le désespoir de ces personnages qui ne peuvent échapper à leur malédiction. Le décor n'est constitué que d'un grand panneau recouvert par des morceaux de toile gris foncé qui se décomposent au fur et à mesure de la pièce. La révélation du panneau s'effectue en même temps que la révélation du lien entre Œdipe et sa femme. L'effet de désespoir et de chute continuelle est bien présent à la fois dans les mots que sur la scène.

Pourtant, ce qui surprend, c'est avant tout l'adresse au public. En effet, les comédiens, hormis à de rares exceptions, ne s'adressent pas aux autres comédiens, mais regardent le public. L'effet est très déstabilisant, puisque l'on ne sait plus alors si le personnage se parle seul ou s'il s'adresse effectivement à un interlocuteur. De plus, les mouvements des comédiens sur les planches sont très lents. Cela crée une lenteur fortement ressentie par le spectateur qui finit presque par s'ennuyer. Les différents actes de la pièce sont toutefois entrecoupés par des interludes musicaux très agréables qui apportent un peu d'énergie au tout.

Œdipe Roi est donc une pièce très intéressante, malgré sa lenteur. Il serait intéressant de voir Ajax et Œdipe Roi dans la même soirée, car l'agencement des deux me paraît apporter encore plus de sens à cette pièce.
Bastien Lance

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