28/01/2014

RECITS DE FEMMES - UNE TENDRE INSOLENCE


 ©Patrick Mohr  
 
Tous les monologues de Récits de femmes et autres histoires ont été écrits pour être interprétés par une femme. Mais Franca Rame et Dario Fo déclarent dans le prologue de ces textes que « le protagoniste incontesté de ce spectacle sur la femme, c’est l’homme ». Et nous voilà au centre de l’histoire. On ne peut pas parler des femmes sans parler des hommes.
 

Donc, nous proposons trois comédiennes, pour raconter trois tranches de vie insensées. Dans le premier récit, Une femme seule, il s’agit d’une femme au foyer, une ménagère qui semble tout avoir, tout sauf l’essentiel : être traitée par les mâles de la maison comme une personne. Dans le deuxième récit, Le Réveil, nous avons une ouvrière qui est exploitée deux fois, à la maison et à l’usine. Le troisième récit représente l’inégalité du rapport entre un homme et une femme au niveau sexuel.
 
Jouer des textes de Franca Rame et Dario Fo, c'est retourner à l'essence de l'acte théâtral, à la parole du « jongleur », de celui ou celle qui provoque et dénonce par le rire. C'est un théâtre direct, sans fard, sans artifice. Une parole vivante, subversive et accessible à tous. Comme l’écrit Franca Rame : « En riant, la bouche s’ouvre grande, mais aussi la cervelle et les clous de la raison viennent s’y planter ».
 
Avec Récits de femmes, on a à faire à un théâtre engagé dans ce qu'il peut avoir de plus jouissif. Un théâtre où l’on s’attaque avec  bonheur à des problèmes de société. Où se marient le travail du corps, de la parole et du chant, dans la tradition des acteurs / conteurs / chanteurs de la commedia dell ‘Arte, mais avec des thèmes d’une actualité fulgurante.
 
Il nous semble plus important que jamais de continuer à se questionner sur la condition féminine, l'aliénation au travail et le fonctionnement du couple. On a parfois tendance à croire, de nos jours, que ce sont des questions qui sont résolues et que nous n’avons plus besoin des « revendications » féministes. Mais la route est encore longue pour parvenir à un véritable partage dans l’égalité. Tant que la femme ne sera pas libre, l’homme ne le sera pas non plus !
 
C’est avec le rire tendre et insolent, les cheveux en bataille et une curiosité insatiable que l’on s’interroge le mieux. C’est aussi la meilleure façon d’ouvrir un dialogue.
 
Michele Millner & Patrick Mohr

Aucun commentaire: