09/01/2014

SHITZ PAR VICTOR

Shitz ou comment se faire écraser par un camion et aimer ça ! Attendez que je m’explique…

Dès le début vous entrez dans cette pièce d’une absurdité grotesque qui a tendance à vous pendre par « les couilles », oui, car il s’agit là d’une pièce de Hanokh Levin qui n’a jamais eu sa langue dans sa poche (et tant mieux !), rendant ainsi à travers son œuvre une sublime critique sociale prenant à partie tous ceux qui se risqueraient à voir ses pièces. Ce que Hervé Loichemol a réussi n’est pas une mince affaire… En effet, il est imprudent de bousculer le spectateur en l’immisçant dans les affaires d’une pièce qui se joue sous vos yeux. Pourtant, voilà ! Au moment où l’on s’y attend le moins, où l’on se dit que ça n’arrivera pas, on découvre une promiscuité gênante qui rend l’élaboration d’un final encore plus affligeant et empreint de la part d’humanité la plus vicieuse que l’on connaisse. Ce qui, au début, n’était qu’une critique sociale burlesque nous rappelant un certain petit gros en salopette qui aimait faire des blagues pour pas un sous, devient une sombre fresque d’une histoire qu’on oublie que trop vite et dont nous sommes témoins et responsables. Car nous avons sans le savoir laissé cette « comédie » se jouer sous nos yeux, alors qu’il s’agissait d’un parfait miroir d’une humanité trop présente en ce monde…

 
 © Marc Vanappelghem

Joué avec une certaine finesse graveleuse, le spectacle ne manquera pas de vous faire rire, mais surtout réfléchir quand il s’agit de trouver à quoi tout cela fait donc bien référence. Ce que Hervé Loichemol et ses comédiens ne manqueront pas de nous révéler avec une subtilité déconcertante qui vous laissera écrasés par la réflexion d’un « camion rose bonbon ».
Il reste une chose qui m’a cependant déplu, c’est l’introduction de chants dans le spectacle. Il s’agit toutefois de noter que c’est bien un cabaret et cela est donc logique d’y trouver de la chanson écrite par Hanokh Levin lui-même. C’est simplement qu’il faut être averti en tant que spectateur de voir un cabaret et non une pièce, car cela change la perception que l’on a du spectacle. Mais ce détail ne vient que de mon opinion propre. Il est cependant intéressant de voir comment Hervé Loichemol a réussi à le présenter sous la forme la plus simple et cela permet encore une fois au spectateur de faire partie du spectacle et de devenir ainsi un intime confident du vice humain qu’est Shitz.
Victor Borghi

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