12/03/2014

OH LES BEAUX JOURS PAR PEDRO

Victor Hugo a dit : « Il y a deux manières de passionner la foule au théâtre: par le grand et par le vrai. Le grand prend les masses, le vrai saisit l'individu ». Avec Oh les beaux jours !, Samuel Beckett signe une pièce d’une vérité remarquable. Porté par la performance de Christiane Cohendy, sur laquelle nous reviendrons, le texte fait mouche à tous les coups avec une force qui surprend. Authentique tragédie comique, et non pas l’inverse, la pièce laisse le spectateur décontenancé à la fois par les choix qu’elle fait et par le message qu’elle transmet. Dans le rôle de Winnie, Christiane Cohendy est magistrale, déployant un jeu tout en nuances et d’une justesse à couper le souffle. De même, la scénographie a bénéficié d’un grand soin ; il y a toujours quelque chose à observer, un nouvel élément à remarquer.

 © Carole Parodi

Il n’y a cependant pas que du positif. La pièce souffre en effet d’une absence de dynamisme qui, bien qu’inhérente au propos même du texte, n’en reste pas moins difficile à supporter. Déjà longue en soi, la pièce semble ainsi s’éterniser et tirer en longueur, du fait de l’immobilisme qui règne sur scène. Je suis conscient qu’il s’agit là de l’effet désiré, mais je n’ai jamais autant gigoté sur mon siège devant une pièce de théâtre ; probablement une manière inconsciente d’exprimer mon désir que quelque chose, quelque part sur scène, bouge enfin.

Sommes toutes, Oh les beaux jours ! reste un bon moment, dont la performance de Christiane Cohendy justifie à elle seule qu’on aille la voir une fois, mais dont la longueur et l’immobilisme en dissuadera plus d’un d’y retourner.

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