11/04/2014

CABARET PAR GUILLAUME

On prend les mêmes et on recommence. C'est à la fois réjouissant et effrayant : après le succès de Shitz, même auteur, même salle, mêmes comédiens, et même démarche scénaristique axée vers le cabaret, on pourrait être tenté de croire que l'on va nous servir du réchauffé. C'est faux, bien heureusement, et l'on s'en rend compte dès les premières minutes, entre autre grâce à un accueil en musique qui nous laisse le temps d'observer un décor à mi-chemin entre la friperie et la scène burlesque.

© Marc Vanappelghem


Et pourtant, la forme pouvait être trompeuse, car après un autre cabaret cette saison (Ajax), le public ne s'attend plus vraiment à assister à un cabaret « dans les formes », c'est-à-dire composé d'une suite de sketchs entrecoupés de musique, dans un cadre plutôt intimiste.

Pari réussi, donc, pour Nalini Menamkat comme pour les comédiens, accompagnés de deux talentueux musiciens, qui nous servent avec délice un florilège hilarant d'histoires courtes, choisies soigneusement parmi les oeuvres de Levin. C'est un véritable plaisir que nous offre là cette pièce, traitant des relations humaines presque avec dédain, couplé d'un cynisme mordant et d'une bonne dose d'absurde, le tout accompagné de musiques entrainantes. Il suffit d'un chapeau ou d'un manteau pour créer un personnage, les dialogues sont drôles et s'enchaînent sans se répéter, bref, la mayonnaise a pris, et l'on en ressort le sourire au lèvre, n'ayant pas vu le temps passer.


Un seul bémol malgré tout, s'il faut en trouver un, cette pièce fut pour moi moins forte émotionnellement que d'autre purent l'être, peut-être justement par sa forme qui ne propose pas un noeud, une situation complexe à dénouer sur l'ensemble du spectacle, mais plutôt une suite de situations, de dialogues, tous drôles mais aucun aussi prenant à mes yeux qu'une seule « véritable » intrigue.

Guillaume Pidancet

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