11/04/2014

DE GAZA

Dimanche 23 mars

Jour d’élection. Non parce que je quitte Ferney-Voltaire, ni parce que je vais en Terre sainte. L’élection est française et municipale. La vague brune est attendue.
Dans l’avion qui m’emmène à Tel Aviv, l’hôtesse de l’air s’appelle Mary Céleste. Je la félicite.
Voyage sans encombre, jusqu’au mur de Gaza.
Le passage d’Erez est littéralement fantastique. Pas seulement parce qu’il ressemble à un terminal d’aéroport : d’un côté du mur, une forme d’opulence à l’européenne – autoroutes neuves, voitures neuves, usines neuves, maisons neuves ; de l’autre, terres rasées, routes défoncées, voitures poubelles, maisons détruites et  bidonvilles. Bienvenu à Gaza.
Arrivée à l’Institut Français, réunion, mise en place du programme de la semaine avec les responsables des départements des universités Al Aqsa et Al Ahzar concernées par le projet. Il faut se glisser entre les cours et les examens. Nous travaillerons de 14h à 18h à l’Institut. Mercredi et jeudi le matin j’irai rencontrer les étudiants pour parler de théâtre de manière plus théorique.
Je retrouve Ziad et Ahmed, connus en novembre. Très chaleureux.
Et je m’enferme pour adapter rapidement la première scène du Roi Lear. Simplifier ? On ne peut pas vraiment simplifier, il faut réécrire. Et réécrire Shakespeare n’est pas simple. Étrange d’appauvrir la langue pour rendre possible un peu de théâtre.
J’ai l’impression de faire comme beaucoup font en ce moment : réduction de la langue à une fonction utilitaire et, parallèlement, effets en tout genre.  
Il est temps d’aller manger quelque chose et surtout d’aller voir où en sont les élections municipales.
Malédiction, la cafétéria de l’Institut est en train de fermer. Je parviens à arracher un burger frites et à attraper une chaîne française. Les résultats de Ferney me parviennent par SMS. La vague brune est au rendez-vous.
Je ne sais si c’est la fatigue, le burger, la télé où les élections, mais je ne me sens pas très bien. Dormir, rêver peut-être.

Hervé Loichemol

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