25/04/2014

DE GAZA

Mercredi 26 

En principe, dès qu’il y a une coupure, le générateur démarre automatiquement après quelques secondes d’obscurité. Ce matin, long moment sans électricité.
La cafétéria étant, comme chaque matin, polluée par le braillard de la radio, je mets mon casque et j’écoute Vivaldi en relevant mes mails. 
Deux heures de cours à l’Université Al Azhar devant une quinzaine d’étudiants. Ne pas parler trop vite. Essayer d’être clair pour une fois.
Pourtant tout y passe en deux heures: l’histoire du théâtre occidental, les grandes périodes, les genres théâtraux, la vie d’une institution, le travail du metteur-en-scène. Le tout agrémenté de considérations sur Diderot, Voltaire, Molière, Shakespeare et Genet. Une fille me pose des questions sur la liberté, – liberté d’expression, liberté artistique, rapport aux pouvoirs politiques et religieux. La plupart restent jusqu’au bout, ils semblent intéressés.
Ils n’ont jamais vu de théâtre – en tout cas tel que nous l’entendons – mais ils semblent y découvrir un territoire ouvert, adjectif qui prend ici tout son sens. La possibilité de faire jouer les significations les unes par rapport aux autres, de mettre en jeu la vérité, de lui donner du jeu, bref d’interpréter, est synonyme de liberté.
En leur parlant, je retrouve moi-même ce qui m’attache au théâtre, un lien qui libère – comme les éditions du même nom.

Hervé Loichemol

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