02/05/2014

DE GAZA

Jeudi 27

Depuis mon arrivée, j’étais le seul à occuper une chambre de l’institut. Hier sont arrivés trois membres de l’Agence Française de Développement. Celui qui semblait le chef du trio est conforme à l’idée qu’on peut avoir d’un « expat ». Pas de bonjour, ni d’au revoir, ni de bonne nuit. La cinquantaine grisonnante, un bonhomme suffisant – j’aime bien ce mot qui dit ironiquement qu’un homme ne peut pas se suffire à lui-même. Furieuse envie de lui botter le cul.
Une jeune femme d’allure japonaise du même acabit, fermée. Furieuse envie encore.
Heureusement le troisième est très aimable, souriant, causant. Il me propose une infusion et nous discutons développement, Palestine, colonisation.
Matin, Université Al Aqsa, trois heures sur le théâtre, les genres, la production… Mais l’après-midi patine avec les étudiants.
Ma méthode de travail génère des problèmes inattendus.
Pendant les trois premiers jours, je n’ai pas réparti les rôles, chacun a pu essayer de jouer sur scène. Chaque tentative était suivie d’une critique de la part des étudiants. C’était gratifiant et joyeux. Mais la demande d’une présentation du travail me contraint à établir une distribution. Des frustrations apparaissent, exacerbées par la compétition entre les deux Universités. Je ne m’attendais pas à une telle évolution en si peu de temps.
Je dois revoir ma copie.

Hervé Loichemol

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