02/05/2014

DE GAZA

Vendredi 28

Jour de la prière. L’Institut est fermé et nous, enfermés à l’intérieur. Nous, parce que Marion dort depuis aujourd’hui à l’Institut. Marion fait une thèse sur les très nombreux artistes de Gaza. J’ai donc de la compagnie – excellente. Pour tenir le siège, nous avons fait quelques courses la veille avec Ahmed (lait, sucre, nescafé, fromage, pain).
Tout est calme, je peux travailler toute la matinée.
Ahmed vient me chercher pour déjeuner chez Ziad en compagnie du Doyen de l’Université Al Aqsa.
Ziad est le responsable du Département de français. Il écrit de la poésie, il est très accueillant, ouvert, il a 5 garçons – le plus âgé ne doit pas dépasser 12 ans – qui apportent les boissons, la nourriture, qui débarrassent la table. Poulet, riz, galettes, riz au lait, gâteaux, thé, café. Tout est bon. Le Doyen de l’Université ne se sent pas bien, il manque de vomir.
Au moment de partir, je glisse à Ziad : je regrette de n’avoir pas fait la connaissance de ton épouse. Il me répond : elle est toujours très occupée avec les enfants. Bref je ne l’aurai même pas aperçue. Où est-elle ? Que pense-t-elle ? Comment vit-elle ? À quoi ressemble-t-elle ? Qui est-elle ?
Au retour on marche un peu dans Gaza pour trouver un taxi. Il est 16h, quelques enfants jouent au ballon dans les rues vides. Ahmed me dit combien Gaza était vivante au moment où l’Autorité palestinienne s’y était installée. Avec la division inter palestinienne, le blocus et les opérations armées israéliennes, tout s’est arrêté.

Hervé Loichemol

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