01/05/2014

GENÈSE DU PROJET SCÉNOGRAPHIQUE

Continuons notre immersion dans la pièce de Eugène O'Neill en découvrant le projet scénographique de Désir sous les ormes:

Dans la pièce, l’homme veut maitriser la terre d’où l’idée de faire un décor avec un mobiliser sortant de la terre. Mais cela avait déjà été utilisé par Matthias Langhoff lors de sa mise en scène de Désir sous les ormes, avec un effet du réel très puissant.
Dans un second temps a été évoquée l’idée de faire des champs de pierre car cet environnement est omniprésent dans la pièce.
La pièce se déroule dehors devant la maison et à l’intérieur. Guy Pierre Couleau a fait le choix d’être au coeur de la maison.
Il a donc été décidé d’être à l’intérieur d’un lieu construit (comme une usine désaffectée avec des voûtes et des arches) où on sent l’extérieur possible mais jamais de manière concrète. Toutes les fenêtres sont obstruées par la végétation. La végétation va envahir l’intérieur même de la maison en descendant des cintres.
Cette végétation évoque les ormes par le feuillage mais aussi les lianes qui cassent tout.
Le mobilier va être d’évocation industriel, de récupération, brutal.

 © André Muller

Dans la scénographie, il y a des faux points de fuite car il n’y a pas d’horizon possible pour les personnages, même s’ils en rêvent. Il n’y a pas de seuil de porte, de porte car on est dans un terrier.
Les hauteurs sous plafonds, 3-4 mètres, sont très basses afin d’écraser les personnages.
Chaque ouverture est fermée par un éclairage or qui évoque la ruée vers l’or.

La pièce évoque le combat de l’homme avec son environnement et avec sa propre nature. C’est une vision prémonitoire d’un désastre à venir de l’humanité. A vouloir tout maitriser, tout dominer de force, le naturel et la nature en nous, nous allons au désastre.
Cette pièce est considérée comme la première tragédie américaine. C’est une tragédie grecque intemporelle, un mélange de Phèdre (qui tue son amant) et de Médée (qui tue ses enfants par amour).

Delphine Brouard

Aucun commentaire: