17/12/2014

FAUST I PAR GUILLAUME

Que dire de cette pièce, après tout ? La pièce s'est terminée et moi j'ai le souffle court, les idées embrouillées et les mots qui manquent... je pourrais commencer par quelques banalités, tiens, par exemple : si l'on m'avait dit qu'un jour, qu’après plus de trois heures de spectacle en allemand, je finirais par en redemander, il est plus que probable que j'eusse bien ri au nez de mon interlocuteur !


© Krafft Angerer

Et pourtant, quand le mot FIN est apparu en rouge sur le plateau, j'ai eu un sacré pincement au cœur. Partagé entre l'envie de crier « bravo », « stop » ou « encore », pris en tenaille entre mon désamour de la tragédie et l'efficacité tranchante de cette mise en scène surprenante, je n'ai finalement rien pu articuler et me suis contenté de me lever pour applaudir le plus fort possible cette performance. Apparurent alors sous les vivats les trois comédiens, accompagnés de tous les autres participants, et même là, une nouvelle surprise : ils sont nombreux ! C'est vrai qu'il y a eu du passage sur scène, des musiciens, chanteurs, danseurs, choristes, tous très efficaces - et plus qu'adéquats dans la mise en scène ! - mais au final, après la qualité de jeu offert par les trois comédiens principaux, j'en avais presque oublié les autres... Mea culpa !


Un ami comédien me disait qu'aujourd'hui, ce sont les allemands qui tiennent le haut du panier en terme de qualité de jeu théâtral ; et jusqu'ici je ne voyais pas ce qu'il voulait dire : malgré des talents certes très divergents parmi les différentes pièces qu'il m'a été donné de voir, je ne comprenais pas cet écart de qualité dont il faisait tant l'éloge. Eh bien, j'ai compris. Ils ne sont pas juste très bons, ils sont absolument excellents ! Je ne saurais véritablement expliquer pourquoi, quels détails font une telle différence : cette force dans le jeu m'a laissé pantois.

Je ne vous en dirai pas plus sur cette magnifique adaptation de Faust par Nicolas Stemann. À quoi bon tenter de vous raconter les multiples surprises, tant dans la mise en scène que dans le jeu ? Les multiples personnalités des comédiens, l'enchevêtrement de parole, la violence des personnages, la scénographie fabuleuse, la peinture, le chant, l'utilisation de l'espace, l'équilibre trouvé entre voix sonorisées et naturelles...
Non.
Vous raconter le spectacle serait non seulement ardu, mais surtout inutile : il aurait fallu le voir pour le croire.


Guillaume Pidancet

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