10/03/2015

LE LABOUREUR DE BOHÊME - DIALOGUE AVEC LA MORT





©Yann Becker

Dès ce soir et jusqu'au 29 mars, La compagnie L'Organon s'installe au Studio Claude Stratz pour une série de représentations. C'est l'occasion pour nous de nous pencher, avec la metteure en scène du spectacle, sur les thématiques de la pièce. Bonne lecture et n'oubliez pas de réserver vos places!
 
SITUATION DE DÉPART  
Année 1400, dans une petite ville prospère de Bohême. Juillet touche à sa fin. Il fait beau. Johannes et Margaretha ont toutes les raisons de se réjouir : ils auront bientôt un nouvel enfant à chérir. Cet enfant inattendu, cette divine surprise, Margaretha ne pensait pas que cela puisse encore lui arriver à l’aube de ses quarante ans. Elle est d’ailleurs inquiète, tout comme son époux ; certes elle a déjà donné le jour à cinq beaux enfants, mais enfanter de nouveau, si tard dans la vie d’une femme… Le 31 au soir, elle ressent les premières douleurs, signe de sa prochaine délivrance.
Margaretha est encore jeune, belle, en bonne santé ; tout devrait bien se passer. Et pourtant… Pourtant, le lendemain, premier jour du mois d’août, elle va quitter ce monde et l’enfançon avec elle. Johannes et ses enfants, presque adultes mais si jeunes encore, seront terrassés par le chagrin et la douleur.


ARGUMENT  Ce «fait divers» a ceci de particulier qu’il nous est relaté, en filigrane, par le mari, cet homme que la perte de son épouse aimée révolte et qui va se rebeller contre ce qu’il vit comme une injustice. Il s’apprête à livrer un combat : il va affronter la mort dans une dispute que seule l’intervention de Dieu interrompra.

INDIVIDUEL | UNIVERSEL  
Ce qui contribue au succès de ce livret, c’est le fait qu’une expérience individuelle et universelle est placée au coeur de l’oeuvre : la perte d’un être aimé. L’individu, encouragé par le chagrin, ose soudain élever la voix et affirmer qu’il a une valeur, une particularité, sans pour autant renoncer à son appartenance et sa participation au cosmos. L’ordre divin n’est pas ébranlé par cette nouvelle conscience de soi mais éclairé sous un jour nouveau. L’homme acquiert une nouvelle place, une nouvelle importance. A sa manière, ce texte marquerait le passage du Moyen Age à l’époque moderne.

Simone Audemars



Informations tirées du Commentaire de Florence Bayard, Le Laboureur de Bohème, Dialogue avec la Mort , Presses de l’Université Paris-Sorbonne, 2013
 

Aucun commentaire: