14/03/2015

UNE FEMME PAR LOUISE

Dans Une Femme, Élisabeth, interprétée par la comédienne Catherine Hiegel, déambule dans la forêt de ses souvenirs, entre intime et mystère, lumière et ombre... On y voit des gens qui s'éteignent, et d'autres que ses souvenirs réaniment. Et en se rapprochant de la mort, du vide donc, cette femme se voit confrontée aux vérités de sa vie et la puissance de vie est mise en relief par cette ambiance funèbre. L'atmosphère est imprégnée d'absence : l'extérieur de la maison dans laquelle Élisabeth accueille ses proches qui s'apprêtent à la quitter laisse entrevoir une vie qui continue, on y voit ainsi des joggeurs, passant indifférents d'un monde extérieur vide, qui soulignent l'intimité scénique dans laquelle on est plongé, l'intimité de cette femme.


© Christophe Raynaud de Lage

Mais la mort est abordée ici de manière ni plombante ni légère, c'est un ton particulier qu'adopte l'écriture de Minyana, qui amuse de manière grinçante et nous met à l'écoute de sa poésie, parfois violente et crue. La finitude des êtres et des souvenirs est évoquée dans une esthétique très travaillée qui crée des moments de beauté où le spectateur peut se laisser porter par l'atmosphère, comme le chant d'une des comédiennes.

Les acteurs s'investissent complètement dans ces moments de la vie d'Élisabeth et déploient le spectacle avec force et justesse. Même si l'on a parfois de la peine à les suivre dans les profondeurs du passé, on apprécie assister à cette poésie scénique, qui n'est pas hermétique, mais absorbe le spectateur dans une ambiance puissante, tantôt violente, tantôt douce, qui met bien en relief le dualisme de la vie et de la mort. En racontant le parcours d'Élisabeth et les passages de ses proches, on saisit en effet tout l'éphémère du vivant et l'intensité du vide qui approche.

Louise Décaillet

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