11/03/2015

UNE FEMME PAR MARION


Une femme, mis en scène par Marcial Di Fonzo Bo, raconte l’histoire d’Élisabeth qui ouvre les portes – au sens propre et au figuré - aux morts de sa vie pour les revoir, une dernière fois avant sa propre mort. C’est ainsi qu’au fil des besoins de la mise en scène, la scénographie évolue, se transforme, se métamorphose. Laissant le spectateur percevoir l’histoire du point de vue d’Élisabeth, suivre ses émotions qui évoluent au fur et à mesure que les portes du décor s’ouvrent et se referment.

Je dois avouer que ce personnage a suscité un questionnement chez moi : l’ai-je ou non apprécié ? Car si d’un côté Élisabeth est insupportable, irrespectueuse envers son entourage, de l’autre elle est tout de même touchante, perdue dans son monde qui s’écroule. Maladroite, elle ne sait comment agir envers ses proches qui s’en vont. Elle ne sait comment montrer qu’elle les aime alors que c’est elle qui s’en va.


© Christophe Raynaud de Lage
Les autres personnages sont comme des fantômes du passé. Ils sont là, ils existent mais ils décorent la vie d’Élisabeth. Ils ont tous une personnalité affirmée et presque exagérée : le père se comporte comme un enfant, l’amie de longue date – est-elle son amante ? - parle fort avec un accent espagnol, ses enfants se plaignent de leur pauvre vie… Dans tous les cas, ces quelques personnages sont extrêmement bien interprétés et je salue le jeu des comédiens qui ont su nous plonger dans cette histoire.
Ce que j’ai particulièrement aimé dans la mise en scène étaient les changements de rythme et de style. Entre texte, jeu, silences et chansons, la mise en scène colore les propos d’une pièce terriblement crue et sombre. Sans compter les projections, qui avec des effets de lumière complexes, étaient assez époustouflantes.
Enfin, je tiens également à parler de l’humour noir de cette pièce car c’est tout de même l’élément continuellement présent et une des grandes forces du texte. Cet humour noir, très bien amené pouvait nous mettre mal à l’aise. Personnellement, je n’osais pas rire car ce qui se racontait sur scène n’était pas drôle. Mais je ne pouvais m’empêcher d’avoir un léger rictus. L’humour noir est un outil que j’aime beaucoup car il permet de relativiser. Est-ce vraiment grave de vieillir, de mourir ?

Marion Gendre

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