25/09/2015

CASSANDRE PAR LISA

« Apollon te crache dans la bouche, cela signifie que tu as le don de prédire l'avenir. Mais personne ne te croira »


© Marc Vanappelghem
 
Cassandre, princesse troyenne, fille du roi Priam et de la reine Hécube, s’apprête à être mise à mort et revoit se dérouler sous ses yeux la guerre de Troie. De causes en conséquences elle nous livre ses émotions, sa peur, sa peine, on la voit, témoin de la chute de sa ville, de la mort de ses frères, qu'elle tente en vain d'arrêter. Enfermée, moquée, crainte… elle sait (ou sent) ce qui va arriver, sans pouvoir le transmettre. On ne la croit pas, « folle, tu es folle » lui dit-on.

Dans son interprétation Fanny Ardant nous livre une Cassandre plus vraie que nature. Avec une ardeur sans faille, le spectateur oublie qu'il est au théâtre et se retrouve témoin de l'impuissance d'une femme.

La mise en scène de Hervé Loichemol, oscillant entre ombre et lumière, fortifie l’émotion que nous donne Fanny Ardant par ses mots et ses gestes. La lumière pour l’exposition, l’ombre pour l’abime et une Cassandre qui oscille entre les deux.

Bien qu’en accord avec le postulat de la pièce : « les mots meurent avant les image » je n’ai pas adhéré aux projections vidéo. Floues et sombres, elles n’illustraient à mon sens pas le propos de la pièce. En revanche, j’ai été transportée par la corrélation entre la comédienne et l’orchestre.  L’harmonie, tant au niveau du rythme que du volume sert les sentiments de Cassandre.

Entre la beauté de la musique, le talent de la comédienne et la subtilité des jeux de lumière, Cassandre, est un bijou théâtral à voir absolument.

Lisa Rigotti

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