30/10/2015

CONTEXTES D'ÉCRITURE

L’idée originale de la pièce ne revient pas à Musset, mais à George Sand. En juin 1833, elle lui remet le canevas d’une « scène historique » qui a pour titre Une conspiration en 1537. Ce canevas sert de point de départ à l’écriture de Lorenzaccio que Musset rédige dans les mois qui suivent, en même temps que Fantasio.

Musset, tout comme George Sand, s’inspire des Chroniques florentines que Benedetto Varchi a rédigées à la demande de Côme de Médicis, dans le but de retranscrire l’histoire de la ville de Florence. Musset fonde son travail sur de véritables documents d’archive afin d ‘élaborer son œuvre. Pour le chapitre dédié à la mort d’Alexandre, par exemple, Varchi va chercher les informations à la source, en s’entretenant directement avec Lorenzo et Scoronconcolo. Mais même si Musset s’inspire d’événements réels, il les transforme pour les besoins de son propos.

Une autre particularité de l’écriture de Lorenzaccio est que Musset ne destine pas sa pièce à la scène et la publie dans la Revue des Deux mondes, dans le volume Spectacle pour un fauteuil. L’auteur souhaite éviter une critique trop virulente qui l’avait assommée lors de la première représentation de La nuit vénitienne en 1830. Il s’émancipe ainsi des codes théâtraux de l’époque et jouit d’une totale liberté concernant l’enchaînement des scènes et des lieux de l’intrigue. Musset se permet même de développer trois histoires à l’intérieur d’une même pièce (Lorenzo, La Marquise Cibo et les Strozzi). 

Par ce choix de non représentation, Musset évite également d’être directement soumis à la censure, même s’il prend la précaution de transposer dans la Florence de 1537, la situation politique française de l’époque (Monarchie de Juillet) et la déception liée à l’investiture de Louis-Philippe au trône du roi de France.

Tatiana Lista

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