29/09/2016

PAUVRE COMME JOB!

Si au début Job semble tout posséder, il va très vite perdre tous ses biens dans une chute qui semble sans fin. Sa boucherie, sa maison, sa femme, tout y passe ou presque.

Comment justifier un tel acharnement de malheurs? Comment comprendre l'injustice que Job est en train de vivre sous nos yeux? Pourquoi le bien? Pourquoi le mal? Ce sont autant de questions que posent le texte de Paravidino.

Pour l'écriture de sa pièce, l'auteur s'est basé sur la parabole de Job, dont voici les principaux éléments retracés par Hinde Kaddour, l'assistante à la mise en scène du spectacle:

Présentation. Le Livre de Job est considéré comme un chef-d’œuvre de la littérature biblique. Il se trouve parmi les Écrits (Ketouvim), la troisième partie de la Bible hébraïque. Le Livre de Job est souvent présenté comme une explication du mal et de la souffrance. Moins qu’une explication, le livre semble en fait être un constat que le mal (appelé « l’Adversaire ») existe : même si l’homme est vraiment juste, il ressentira la souffrance.


La question de la souffrance des innocents. Le Livre de Job est l’histoire d’un homme riche et puissant, Job, tombé dans la plus complète déchéance suite à ce qui ressemble bien à un « pari » effectué entre Dieu et Satan. Comment ce Dieu « bon et miséricordieux » a-t-il pu faire subir à Job, que les textes décrivent comme « juste et droit », de telles souffrances ? À travers Job, c’est la question de la souffrance en général qui est posée, notamment celle des innocents.

Personnages. Si l’on met à part l’épouse de Job, (elle fait une apparition au chapitre 2), le livre met en scène cinq personnages sous le regard de Dieu : Job et ses trois amis (Elifaz, Bildad et Sophar) auxquels se joint ensuite un jeune homme (Elihu).

Résumé. Job est un homme juste, intègre et droit, qui respecte Dieu et fait le bien. Tout lui sourit : une belle et grande famille, de grandes richesses. Job offre à Dieu régulièrement des sacrifices d’expiation. Un jour, Dieu réunit ses anges et Satan se glisse parmi eux. Sur l’interpellation de Dieu, Satan prétend que la justice de Job n’est due qu’à ses bonnes conditions de vie. Satan lance un défi à Dieu : s’il l’autorisait à lui nuire, Job maudirait bien vite son Créateur. Dieu relève le défi et remet entre les mains de Satan tous les biens de Job, à condition que Satan ne touche pas à la personne de Job. Aussitôt, tous les malheurs s’abattent sur la famille et les biens de Job : mort de tous ses enfants, perte de tous ses biens. Mais Job continue à faire confiance à Dieu.
Suit une autre réunion des anges, où Satan provoque à nouveau Dieu : « Étends la main, touche à ses os et à sa chair, je te jure qu’il te maudira en face » (Jb 2, 5). Relevant de nouveau le défi, Dieu, confiant dans son serviteur Job, autorise Satan à altérer la santé de Job, pourvu qu’il lui laisse la vie sauve.
Satan inflige alors un ulcère à Job, « depuis la plante des pieds jusqu’au sommet de la tête» (Jb 2, 7). Mais à sa femme qui l’exhorte à maudire Dieu, Job répond : « Tu parles comme une folle. Si nous accueillons le bonheur comme un don de Dieu, comment ne pas accepter de même le malheur ? » (Jb 2, 10).
Avertis de ces événements, trois amis de Job, Elifaz, Bildad et Sofar, viennent des confins de l’Arabie et du pays d’Edom pour le visiter. Job est dans un tel état que ses amis ne le reconnaissent pas. Ils commencent par compatir en silence pendant une semaine, à l’issue de laquelle c’est Job qui prend la parole pour maudire le jour qui l’a vu naître.
Commence alors la deuxième partie du livre (ch. 4-31) sous la forme d’un grand dialogue poétique, en trois cycles de discours entre Job et chacun de ses amis, chacun exposant ce qu’il pense de la justice divine. Les arguments des trois amis convergent vers l’idée que si Job souffre, c’est qu’il a péché, défendant ainsi la thèse traditionnelle de la rétribution terrestre : il est impossible que le juste souffre et que la souffrance soit autre chose qu’une punition divine. Mais Job continue envers et contre tous à soutenir qu’il n’a pas péché, que son expérience douloureuse prouve qu’il existe des injustices.
Intervient alors un quatrième personnage, un jeune homme du nom d’Elihu (ch. 32-37). Jusque-là resté sur la réserve par égard pour les trois amis de Job, il marque son indignation contre Job qui n’a su se justifier qu’en accusant Dieu et contre ses amis qui n’ont su défendre Dieu qu’en accusant Job.
Dieu clôt les débats en deux discours (38-42,6) par lesquels il fait comprendre à Job en même temps son erreur et sa suffisance : « Quel est celui-là qui obscurcit mes plans par des propos dénués de sens ?… Où étais-tu quand je fondais la terre ? » (Jb 38, 2. 4). Et Job de prendre conscience de la toute-puissance de son Dieu en même temps que de sa condition de créature : « Je ne te connaissais que par ouï-dire, mais maintenant mes yeux t’ont vu. Aussi je me rétracte et m’afflige sur la poussière et sur la cendre ». (Jb 42, 5.6).
Dieu réprimande les trois amis de Job, restaure Job dans tous ses biens, et lui rend fils et filles. « Après cela, Job vécut encore cent quarante ans et il vit ses fils et les fils de ses fils jusqu’à la quatrième génération » (Jb 42, 16).

 

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