31/10/2016

LA BOUCHERIE DE JOB PAR AYMERIC


La saison commence avec un texte de Fausto Paravidino mis en scène par Hervé Loichemol. 

Au départ, nous voyons deux clowns en tenue romaine pariant sur la tunique du Christ. Ce prologue a pour qualité, de directement plonger le spectateur dans les principaux enjeux de la pièce dans laquelle il est question de pari, de jeux d’argent et du Christ. La religion a en effet une grande importance dans cette pièce, dont le titre évoque directement un personnage biblique, Job. 

 © Marc Vanappelghem


Dans ce prologue donc, on trouve deux clowns, deux compagnons qui représentent le peuple, ne décidant jamais de rien mais essayant coûte que coûte de survivre dans la société dans laquelle ils vivent, une société contemporaine dictée par la puissance économique des banques. C’est dans cette société que l’on y voit les protagonistes, c’est-à-dire la famille de Job, évoluer.

Paravidino s’empare de ce personnage biblique pour lui faire tenir une boucherie qui court à sa perte. Cette situation provoque une série de conflits familiaux, en particulier entre Job et son fils, un jeune banquier pour qui l’argent règle tous les problèmes.

La scénographie composée d’un carrelage blanc et de rideaux qui découpent l’espace suivant les différents lieux de l’action (la boucherie, chez Job, la rue, la banques, etc.) ne m’a pas particulièrement touchée et les images composées m’ont parfois empêchées de bien suivre les rapports entre les personnages, même si j’ai apprécié le travail de direction d’acteur concernant les liens familiaux.

Etant allé voir une répétition, il est difficile pour moi de me faire une idée très précise du rythme, mais il m’a semblé que par moment la tension qui surgissait de cette crise n’atteignait pas son climax. J’avais l’impression que le rythme était un peu trop posé : la tension avait juste le temps de se faire sentir que sitôt, elle disparaissait. 

J’ai par contre beaucoup aimé la résolution scénique de la démolition de la boucherie. Ayant lu la pièce je me demandais comment cette scène serait représentée et le trou central fait dans la boucherie de Job sous les yeux des spectateurs, amplifie la sensation de perte et de destruction. 
De plus, ce trou permet ensuite aux personnages de s’y cacher, créant un espace où l’imaginaire du spectateur se représente la scène qu’il ne fait qu’entendre. La violence de certains moments est ainsi amplifiée et provoque une vive émotion.

J'ai aimé cette mise en scène proposée par Hervé Loichemol qui montre bien l’humanité dans ses paradoxes et ses dérives.

Aymeric Tapparel

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