14/12/2016

LA MATIÈRE - UN PROCESSUS DE TRAVAIL


« On marginalise grossièrement l’implication de la matière corporelle dans la construction de nos itinéraires quotidiens.
Les conséquences directes de cette impasse illustrent les tableaux de nos aventures de chaque instant. Nous courons machinalement d’une pensée à l’autre pensée comme des forcenés au bagne. »

 © Pierre Estournet

En dehors des thématiques comme la norme, la limite, l’appauvrissement de l’imaginaire, on perçoit un écho très fort entre les textes de Babouillec et la démarche de travail de Pierre Meunier. En effet, au cœur du processus de Pierre Meunier et Marguerite Bordat, il y a la matière. Une matière, avec laquelle, comme  avec une partenaire de jeu, il faut établir une relation. Et c’est l’interaction de l’humain avec la matière qui fait naître les différentes situations du spectacle.
Dans Forbidden di sporgersi, quatre personnes au plateau expérimentent toutes les possibilités physiques de différentes installations, donnant au spectateur différentes sensations. Et si la démarche de l’équipe artistique est à ce point juste et pertinente, c’est qu’elle n’impose rien. Elle propose, ouvre des portes et donne une entière liberté au spectateur quant à sa réception du spectacle. Le sens vient du regard du spectateur, de ce que la proposition artistique fera raisonner en lui. Dans un monde où l’image donne à penser de manière très formatée et unidirectionnelle, Pierre Meunier et Marguerite Bordat offrent à chaque spectateur un espace de liberté rare et pourtant essentiel.

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